Calcul de la dose d’irrigation : comment faire ?

Comment décider la quantité d’eau à irriguer ?
L’agriculture est le secteur le plus consommateur d’eau : dans le monde, environ 70 % de l’eau douce est utilisée pour l’irrigation, dont une grande part est gaspillée. La France n’échappe pas à ce constat. Pourtant, on estime qu’il est possible de réduire significativement la consommation d’eau d’irrigation en optimisant les systèmes et les usages.
Appliquer la bonne dose au bon moment est un vrai défi : il faut prendre en compte plusieurs paramètres relatifs au sol, aux prévisions climatiques et aux différents stades de développement de la culture, puis réaliser un bilan hydrique selon la réserve d’eau dans le sol.
La bonne nouvelle, c’est l’arrivée de l’agriculture de précision, avec des technologies nouvelles : la télédétection (imagerie satellite, drones agricoles) et l’irrigation de précision automatisée (capteurs connectés).
L’irrigation de précision
L’irrigation de précision consiste à donner la bonne dose d’eau à la plante au bon moment, pour une meilleure productivité et un meilleur rendement, tout en économisant l’eau et l’énergie. Connaître les besoins de la plante est nécessaire mais pas suffisant : la culture se développe dans un environnement où les échanges en eau sont permanents. Connaître les ressources hydriques du sol et les conditions météorologiques est aussi indispensable.
Pour calculer le besoin en eau, il faut prendre en compte trois aspects : le sol, la plante et le climat.
Aspect 1 : le sol — l’humidité est clé
Le sol n’est pas seulement un support de culture, c’est aussi un espace vivant. Les types de sol varient selon la texture (limoneux, sableux, argileux, limono-argileux…), et l’infiltration de l’eau diffère de l’un à l’autre. Plus un sol est sableux, plus l’infiltration est rapide (perméabilité supérieure à 20 mm/h) ; plus il est argileux, plus il retient l’eau (de l’ordre de 5 mm/h dans des argiles fortes). Ce paramètre est donc déterminant pour décider de la dose d’irrigation et du choix de la technique d’irrigation.
La réserve utile — un véritable stock d’eau
Pour intégrer le sol dans le bilan hydrique, il faut connaître la quantité d’eau qu’il peut stocker : c’est la réserve utile. Combinée aux besoins de la plante (selon son stade) et aux conditions climatiques, elle permet d’estimer la dose d’irrigation à apporter, au plus juste, pour éviter le gaspillage tout en sécurisant le rendement.


